MARRE DE SE FAIRE BALADER !

Les manifestations à répétition ont pour principal effet de laisser les mains libres au gouvernement pour réprimer l’une après l’autre les luttes combatives entre deux temps forts. Les journées d’action saute- mouton de janvier à juin nous l’ont bien montré en orchestrant progressivement la démobilisation.

L’ETAT NOUS MÈNE UNE GUERRE DE CLASSE
Tous les secteurs d’activité – production, com- merce, services publics, éducation, agriculture… – sont traversés par des luttes qui ne débouchent que sur des défaites ou des miettes présentées comme des victoires. Les faux reculs de l’Etat, comme sur la réforme des lycées, masquent mal les avancées du MEDEF dans la guerre de classe qu’il nousmène sans relâche : augmentation du temps de travail, de la précarité et de la flexibilité, limitation des droits sociaux, délocalisation des emplois et li- cenciements dans le privé qu’accompagnent les suppressions de postes dans la fonction publique… et, pour tous et toutes, développement d’un arsenal juridique et policier qui réprime toute contestation afin de nous contraindre à la résignation. L’Etat nous balade également en noyant la contestation sous un flot de sujets secondaires crédits d’impôt par -ci, allégements par -là, vaccins par millions, « moralisation » du capitalisme, burka, etc., le tout pour ne pas parler du reste...

LES SYNDICATS NOUS MÈNENT EN BATEAU, NE SOYONS PLUS MATELOTS…
L ’expérience des dernières années nous a montré que le front syndical construit sur une unité de façade, autour de principes vagues tels que la défense de l’emploi ou du pouvoir d’achat, ne vise qu’à canaliser les énergies collectives pour éviter qu’elles ne débouchent sur des conflits sociaux plus larges. Les camarades de Guadeloupe, en revanche, nous ont montré que pour gagner, ou du moins pour cesser de perdre, une lutte déterminée, longue et dépassant les cadres traditionnels des organisations syndicales est nécessaire. Seule une grève générale unifiant les luttes politiques et sociales de toute la population – à travers des débrayages, des occupations, des blocages, des destructions ou encore l’appropriation des outils de production – peut créer le rapport de forces capable de mettre à mal les maîtres du jeu. Il faut rompre avec le jeu de dupes des négociations entre « partenaires » sociaux : non seulement le pouvoir n’a pas peur, mais encore il ne nous cède rien ! Qui prétend le contraire pratique la démagogie, et crée de l’illusion pour masquer l’impuissance à satisfaire les revendications et changer la donne. Alors que le capital nous dépossède constamment de nos droits et de nos vies, posons collectivement la question de la dépossession des possédants.

A L’ABORDAGE !
Ne laissons plus personne négocier à notre place : dans chaque secteur, retrouvons-nous pour agir, rompons avec les revendications particulières et isolées ; regroupons-nous à l’échelle des quartiers, des villes, des régions pour construire des structures interluttes visant à une solidarité concrète et active contre les dirigeants et les exploiteurs. Prenons nos affaires en main dans l’intérêt commun. Occupons usines, commerces, universités, rues, pour une lutte longue et déterminée. Organisons la production et le ravitaillement pour nous permettre de tenir le temps nécessaire au renversement de l’ordre existant. Par l’affirmation de nos désirs et de nos besoins, trouvons à nous entendre sur une production socialement utile, et les moyens d’y parvenir. Nous n’avons à perdre que le peu qu’on nous laisse, ou alors un monde à gagner. Après cette manif, n’attendons pas la prochaine…

NE NOUS LAISSONS PAS DISPERSER.